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Exploitation de travailleuses précaires à Genève: Six employées de diplomates dénoncent leur employeurSonDakika-Haberleri.Net

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10 Haziran 2021 - 17:40

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Le Syndicat interprofessionnel des travailleuses et des travailleurs (SIT) dénonce le silence des autorités cantonales dans cette affaire révélée au grand jour par la RTS.

Publié aujourd’hui à 14h29
Chona (gauche) et Rosaria (centre) sont deux des employées de maison concernées par l’affaire. Mirella Falco (droite), secrétaire syndicale du SIT, était là pour les soutenir lors d’une conférence de presse pour dénoncer les abus de ces six employées de maison exploitées par des diplomates pakistanais, jeudi 10 juin 2021 à Genève. Certaines ont travaillé pendant plus de 20 ans sans salaire. Pour dénoncer ces abus, des plaintes ont été déposées auprès du Ministère public. Le SIT dénonce le silence des autorités cantonales.

Chona (gauche) et Rosaria (centre) sont deux des employées de maison concernées par l’affaire. Mirella Falco (droite), secrétaire syndicale du SIT, était là pour les soutenir lors d’une conférence de presse pour dénoncer les abus de ces six employées de maison exploitées par des diplomates pakistanais, jeudi 10 juin 2021 à Genève. Certaines ont travaillé pendant plus de 20 ans sans salaire. Pour dénoncer ces abus, des plaintes ont été déposées auprès du Ministère public. Le SIT dénonce le silence des autorités cantonales.

KEYSTONE/Martial Trezzini

Six employées philippines ont travaillé pour certaines pendant plus de 20 ans sans salaire auprès de diplomates pakistanais à Genève. Pour dénoncer ces abus, des plaintes ont été déposées auprès du Ministère public. Le SIT regrette le silence des autorités cantonales.

«Six employées de maison sont venues nous voir en mars via un collectif de sans papiers», a déclaré Mirella Falco, secrétaire syndicale SIT jeudi devant la presse à Genève. Elles ont quitté les Philippines, car la mission pakistanaise auprès de l’ONU leur promettait une vie décente à Genève, avec un salaire, un toit et le paiement des assurances sociales.

À l’arrivée, la réalité était tout autre. Elles ont dû accepter de travailler plus de 10 heures par semaine sans salaire en échange d’une carte de légitimation (une carte spéciale que donnent les diplomates à leurs employés et qui est délivrée par la mission suisse). Ce tout en travaillant pour d’autres personnes pour subvenir à leurs besoins vitaux, a poursuivi Mme Falco.

Tenues au silence

Pendant des décennies, ces employées de maison ont été tenues au silence par leur crainte de perdre leur statut de séjour. En cas de licenciement, elles disposent d’un délai de deux mois pour trouver un autre employeur diplomate. Le cas échéant, elles n’ont d’autre choix que de repartir ou de basculer dans la clandestinité, a expliqué la secrétaire syndicale.

Les humiliations subies et la perte de leur revenu en raison de la pandémie ont fait basculer leur fragile équilibre. Certaines sont tombées malades. Elles ont décidé de sortir de l’ombre en témoignant à visage découvert dans l’émission «Mise au point» de la RTS, prenant le risque d’affronter le monde diplomatique et ses privilèges et de ne pas retrouver de travail.

«C’est vraiment très difficile pour moi d’avoir été licenciée. J’ai travaillé très dur pendant la moitié de ma vie pour la mission pakistanaise, ils le savent», a témoigné l’une d’elles.

Infractions graves

Par l’intermédiaire du SIT, les employées ont interpellé les conseillers fédéraux Karin Keller-Sutter et Ignazio Cassis. Dans leur lettre, elles dénoncent les abus subis et demandent protection à la Suisse. Les autorités doivent prendre des mesures pour faire cesser des pratiques, en améliorant notamment l’ordonnance fédérale qui fixe les conditions de travail et les autorisations de séjour dans le monde diplomatique, a estimé la secrétaire syndicale.

«Ces infractions sont extrêmement graves», a observé l’avocate Céline Moreau qui défend deux de ces femmes. «Elles ne doivent pas être sous-estimées: il y a suspicion de contrainte, usure, voire de traite d’êtres humains». Suite aux plaintes déposées, «nous espérons que des enquêtes vont être conduites», a-t-elle ajouté.

Berne et Genève interpellés

Les employées de maison ont demandé le 19 mai à être auditionnées par Nathalie Fontanet, en charge du Département des finances et des ressources humaines auquel est rattaché le service de la Genève internationale, et par Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de la population et de la santé.

Leur souhait: témoigner de l’exploitation crasse subie, demander le soutien du canton dans leur démarche de régularisation de leur statut de séjour à Berne, et obtenir réparation dans le respect des conventions internationales et des dispositions légales suisses.

Lanceuses d’alerte

Si les autorités fédérales ont accusé réception 15 jours plus tard en assurant que des contacts avaient déjà été pris, à Genève, ces employées n’ont reçu aucun message ni même d’accusé réception de la part du canton. «Pour moi c’est du mépris», relève Mme Falco.

Qui souligne le rôle de lanceuse d’alerte endossé par ces femmes. «Elles ne font pas ça pour elles, mais pour les autres», a-t-elle noté. D’autres femmes ont été entendues qui ont peur de parler, a confirmé une représentante de la Swiss Nanny Association. Cette dernière a par ailleurs déploré des contrôles de la Mission suisse «superficiels et inopérants».

ATS

Publié aujourd’hui à 14h29

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